Powerdove

Ce mardi, j’aurai le très grand honneur de recevoir dans mon humble et de plus en plus miteux établissement le trio franco-américain Powerdove. Et je m’en réjouis. Annie Lewandowski écrit des chansons délicieusement inquiètes, et se fait seconder par Chad Popple, pour éclairer somptueusement les mélodies-sortilèges, et par Thomas Bonvalet, pour tantôt accompagner mignonnement d’un tapotement des pieds un rythme frêle, tantôt fracasser magistralement l’harmonie rigoureuse en un millier de cristaux tintant et titubants. Le seul problème, c’est que moi, j’habite à Tarbes. N’allez pas croire que je n’aime pas ma ville. Bien au contraire, j’y suis né et y ai grandi. Non, ce n’est pas ça, mais dans cette ville, il y a des habitants, et c’est là que ça devient dur. Bien sûr, beaucoup sont plaisants et d’agréable compagnie, mais certains… j’ai encore vu cette semaine une grosse forcer la 1ère vitesse de son véhicule ultra-motorisé pour monter sur le trottoir devant l’école en vue de lâcher son obèse de 8 ans au plus près du portail. Je vois régulièrement des gros faire des excès de vitesse en plein centre-ville à l’heure où les enfants rejoignent leurs parents. Je vois encore des grosses faire la queue pour participer aux télé-crochets, car, sous prétexte qu’elles chantent comme un clip d’nrj12, elles se verraient bien sur W9. Non, il y a vraiment un truc qui s’est mal passé à un moment. Je pense qu’une génération entière a été traumatisée par Beverly Hills 90210, du coup, beaucoup trop de femmes de ma génération se prennent pour Brenda. Et leurs homologues mâles, ben pour pas rester sur le carreau, ont du se coller la dégaine à Brendon, du coup, pas le choix. Et voilà d’où vient le hiatus. C’est que, tout d’abord, Brenda et Brandon, et bien ils existent pas, et, surtout, leur père a VRAIMENT beaucoup de fric. Bref, le poète l’aura bien mieux dit que moi.

C’est vrai, je le dis, on est arrivé au bout du programme de sélection génétique, à force de recouper toujours les mêmes chromosomes entre eux, on a réussi à obtenir le génome ultime, celui qui prend les vessies pour des lanternes. Mais il a fallu être futé, doué, pour faire en sorte qu’aucune personne étrangère n’ait l’envie de mêler son destin à celui d’un tarbais, car on dispose quand même de deux sorties d’autoroute. Même le grand Victor Hugo a décampé en voyant le malheur.

Alors voilà tout le problème, comment voulez-vous accueillir comme il se doit quelque chose d’aussi beau dans un contexte général aussi vicié. Je dois avant toute chose, avant de remplir des verres ou de laver des sous-tasse, les protéger de cet environnement. Il ne me reste plus alors qu’à laisser la porte fermée pour tenir la brutalité dehors; les autres en faisant bien plus habilement que moi leur fond de commerce. Ceci dit, il est bien évident que faible et fragile comme je suis, je ne pourrai pas faire ça tout seul très longtemps.

1 Commentaire

  1. Hé bé ! mais bon, tu as raison … J’ai écouté Powerdove, c’est vraiment super … Elle est française ? je pense les interviewer … allez hop ! Le dimanche est à peu près le seul jour où les cons ne sortent pas … ouf !

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