Cannibales & Vahinés (bis)

Le concert de Cannibales & Vahinés de ce lundi 21 septembre au CeltiC PuB ne nous a pas floué. En fait de chaman, G.W.Sok nous a servi, grand, droit, scandant comme promis sa poésie avec une intensité qui s’affirmait dès avant le concert, quand il ne s’agissait encore que de savoir si le malheureux système de son du bar fonctionnerait. Son animal-totem est l’aigle, car c’est la majesté et la perspicacité qui sautent à la face quand on a la chance d’être devant sa présence. Et ses trois acolytes ne nous ont pas laissé sur notre faim, s’agissant de l’intensité. A la batterie, F.Duscombs toujours aussi futé et adroit, imprévisible sur des morceaux pourtant très écrits, déroule sans faillir la piste nécessaire pour que la guitare de N. Lafourest martèle avec légèreté des sons qui percent le plus réticent, à l’envie, répète et répète ce qui doit être entendu, jusqu’à être bien sûr d’en imprégner tout l’auditoire ( qui est venu de son plein gré) au plus profond de ce qu’il désire cacher. Et, au détour d’une boucle, il a tout loisir de relancer un arpège ingénieux et pertinent, un accord tombé de travers, mais juste à pic. Pendant ce temps, de l’autre côté, l’aguerri M.Démereau peut s’en donner à cœur-joie, aussi bien avec son saxophone – tremblement tellurique pour qui ne le connait, son élégante scie musicale, qui larsène de manière inouïe (!) et spontanée, ou encore son clavier, prompt à détraquer une mélodie, délabrer une ritournelle (mention spéciale sur « The Bus is late« .).

Tout était donc en place pour une bonne heure de cérémonie tribale, durant laquelle seront joués les morceaux de leur dernier disque « Song for a free body« , plus la reprise de P.J.Harvey (et oui, quand on a bon goût, on l’a pas à moitié!) « To bring you my Love« . En ce lundi, on a eu la chance de connaître une énergie communicative qui permet à chacun de rentrer dans le jeu des musiciens, une heure sans relâches ni faux-plans, tant sur les passages pimentés (« Zavod« .) que sur les moments connectés avec le 6ème monde (« Free Body« ).

Quand je pense à toutes ces brutes qui en 2016 utilisent encore les parasols chauffants pour se donner un peu de douceur; ils devraient ponctuellement assister à une cérémonie de Cannibales & Vahinés, ça les ferait redescendre et ils verraient que là, la chaleur est humaine.

petit bordel d'avant concert. Une balance, quoi!
petit bordel d’avant concert. Une balance, quoi! photo par Suzy Noguès

1 Commentaire

  1. Patricia dit : Répondre

    Je confirme … un vrai régal! musical, vocal et humain 😉
    Délicieux à croquer 😉

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