Input’es

la belle affiche de Input'es et Denizen au Celtic Pub

Aujourd’hui, on a fêté la sortie du tout premier album de INPUT’es, « Bonne Conscience ». On a donc fait un petit concert, comme ça, entre nous, sans ambages, sans fioritures. C’était simple et beau. Les gars de  Denizen se sont déplacé depuis Montpellier pour envoyer du gros riff bien hard-rock, long et lourd, après que les petits agités de Input’es aient balancé pendant 3/4 d’heure leur punk-rock, dépourvu de la cuivraille à laquelle on s’était habitué, depuis le temps et avec le nombre de concerts qu’ils avaient donné au CeltiC PuB (souvent par l’entremise de l’asso Never Trust An Asshole, que je ne suis pas prêt d’arrêter de citer). D’ailleurs, je connais tous les morceaux par cœur; par contre, comme ma sono n’a jamais été ni très bonne, ni très bien réglée, je dois avouer que je n’avais jusqu’à la sortie de ce disque, à peu près rien compris aux paroles hurlées avec énergie. Mais c’est du punk, non? on ne demande pas que tout soit clair pendant un concert de punk, sinon, on irait voir des concerts de variété, histoire d’être sûr de ne pas transpirer. C’est donc chose réparée aujourd’hui avec ce disque. J’ai même tout loisir de lire les paroles sur le petit feuillet maladroitement plié en neuf parties inégales, et inséré dans le boîtier, qui n’en est pas un, du disque. Et je suis content, car ces textes sentent la jeunesse à plein nez; l’enthousiasme, la revendication, l’opposition, l’envie d’agir y sont présentes à toutes les lignes, avec un goût et une recherche plutôt remarquable. Il y a bien sûr des gaucheries, mais en vérité, on ne s’y attardera pas une seule seconde, quand on sait que tout ceci a été réalisé avec la passion de l’amour, et de l’envie de faire quelque chose plutôt que rien. Je ne peux que vous conseiller de vous procurer l’objet, ne serait-ce que pour participer à la réalisation du prochain.

Si je me demande pourquoi je me suis engagé lorsque le groupe m’a demandé de leur apporter un petit soutient quant à l’édition de ce disque, j’ai eu encore la réponse ce soir (oui, car j’oublie souvent très vite pourquoi je fais ça, ce qui a tendance à me rendre acariâtre.). D’abord, il y a la gentillesse de ces quatre garçons. Pas une gentillesse niaise, non, mais une gentillesse engagée, solidaire. Elle m’a sauté aux yeux dans la manières dont ils ont accueilli leurs invités montpelliérains, en les mettant à l’aise immédiatement, mieux que je ne l’ai fait, tout occupé que j’étais à brancher une tête d’ampli de basse sur un baffle de guitare. Puis, sans se poser la moindre question, ils les ont aidés à décharger guitares et caisse claire du véhicule. Et puis, il y a ce sourire, qui ne les a pas quitté de la soirée, tout simplement contents d’être là, pour jouer, sans attendre qu’il y ait la foule des grands soirs, ou que certaines personnes, auxquelles d’aucuns veulent accorder de l’importance, daignent faire acte de leur présence. Jouer avant tout, pour éprouver leur énergie. Et quelle énergie! ils n’arrêtent pas de bouger, des grands coups de manches de guitare dans l’air, comme s’il y avait un ennemi invisible à combattre là, sans se départir d’un large sourire. J’ai voulu les prendre en photo. Je les avais pourtant tous dans le cadre…et bien, résultat: il n’y a que le batteur qui, bien forcément, est resté dans le cadre!

Mais au delà de la prestation qu’ils m’ont toujours donné en concert, ce n’est pas un groupe de petits plaisantins: ils jouent, beaucoup, partout, sans se poser la question du goût qu’aura la victoire, et si elle viendra. Ils jouent dès que l’occasion s’en présente: 65 concerts, dans tout ce que la scène musicale peuvent avoir de plus humain; des petits lieux, des petites orgas, mais beaucoup de convictions. Et c’est bien là le plus important. La conviction. La conviction qu’on est pas là pour faire plaisir aux autres, à ceux qui posent plus souvent devant leur miroir en se contre-fichant des conséquences de leur malaise sur le monde qui les entoure. Mais plutôt qu’on est là pour l’électrochoc salutaire, la prise de conscience nécessaire à tout un chacun pour mieux vivre ensemble,avec les autres. Ne pas se regarder le nombril (proéminent) pendant des heures pour savoir quel effet on va faire sur les mieux coiffés, mais se dépêcher de hurler, quitte à commettre quelques maladresses, vite oubliées dans le flot de vitalité offert à tous, tous ceux qui veulent. Hurler, car il y a urgence à hurler; on ne sait jamais très bien quoi, ni comment, mais il est certain que tant que les centrales produiront de l’électricité en écrasant du plus petit organisme jusqu’à des vies humaines négligées, on sera en droit d’utiliser cette électricité pour hurler. C’est ce que je comprends quand je vois Input’es agir en tant que groupe de punk. Est-ce bien là la raison de leur action? le mieux est de leur demander en les contactant, ou mieux, en allant les voir en concerts, lorsqu’ils passeront près de chez vous. Car vous n’y couperez pas, je sais que tôt ou tard, ils passeront près de chez vous!

1 Commentaire

  1. Pascale dit : Répondre

    Superbe dédicace bien méritée ! Pour les avoir accompagnés durant leur séjour nantais, je peux confirmer qu’il sont supers ces jeunes ! Que de souvenirs cet été !
    Que de fous-rires ! que de musique répétée, et répétée encore à ne plus en avoir de voix…. Corto, le chien se mettait la patte sur les oreilles, parfois mais qu’importe ! Ils méritent de connaître le succès. Bien sûr, il leur faudra mettre et remettre leur ouvrage sur le métier. Mais qu’ils continuent à hurler leur colère et leurs opinions. C’est aussi cela être jeune ! Bonne route les gars.

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